Laus Polyphoniae 2026
Du 21 août au 29 août Belgique / Anvers
Les voix de l’Europe vers 1600, le continent du contrepoint
En 1600, la scène musicale européenne se trouve à un tournant.
L’aube d’une nouvelle ère marque un moment décisif de changement.
C’est ainsi que l’histoire est souvent racontée. L’histoire d’un monde où la polyphonie pure et limpide de Giovanni Pierluigi da Palestrina cède la place aux gestes dramatiques de Claudio Monteverdi, où la Renaissance rend son dernier souffle et où le baroque naît dans un élan triomphal. Cependant, pour les auditeurs attentifs, ce changement ne se présentera pas comme un coup de foudre soudain venu de nulle part, mais plutôt comme mille petites étincelles : des traditions et des sons nouveaux se superposent, des styles divergents se développent simultanément et les compositeurs expérimentent sans pour autant renier leurs prédécesseurs. Des œuvres que l’on qualifiera plus tard de « de la Renaissance » ou de « baroques » coexistaient en parallèle et en tandem.
Telle est l’essence même de Laus Polyphoniae 2026 : le portrait d’une Europe aux multiples voix où la musique atteint simultanément l’apogée de sa puissance et sombre dans la décadence. Où Venise résonne à Prague, Séville retentit à Lisbonne, Naples murmure à Londres et Munich est une note de fond au nord comme au sud. Où l’impression musicale ouvre les vannes à de nouvelles idées, où les compositeurs migrent, où les partitions font le tour du monde, et où « l’ancien » et le « nouveau » se stimulent sans cesse mutuellement.
Nous retrouvons la polyphonie des héros ibériques tels que Tomás Luis de Victoria et Alonso Lobo, baignant encore dans la lueur de la Haute Renaissance, tandis qu’Orlandus Lassus compose ses *Lagrime di San Pietro* à Munich : un chef-d’œuvre qui jette à la fois un regard vers le passé et vers l’avenir. Une vague d’innovations venues d’Italie complique encore davantage la situation. Carlo Gesualdo porte le motet à la perfection, Pomponio Nenna élève l’art du madrigal à son apogée et Giovanni Gabrieli pousse la polyphonie aux confins d’une sonorité symphonique. Ce travail pionnier ne tombe pas dans l’oreille d’un sourd : Hans Leo Hassler et Jacob Regnart créent une palette originale mêlant les nuances de la grandeur italienne au contrepoint franco-flamand.
Les révolutions musicales ne se limitent pas à l’Europe occidentale : alors que l’école vénitienne fait évoluer la polychoralité vers le baroque et que la polyphonie portugaise s’étend au monde entier, Konstantinos d’Aghialos et Joasaph du Mont Athos annoncent une Renaissance byzantine en Grèce. Vers l’an 1600, l’Europe centrale est un carrefour ouvert. Les compositeurs cherchent du travail et une protection en Tchéquie, en Moravie, en Pologne et dans le sud de l’Allemagne ; les manuscrits qui y circulent associent des noms locaux tels que Matthias Reymann et Wojciech Długoraj à des figures emblématiques anglaises et françaises. C’est comme si le monde devenait un peu plus petit. Ou comme si les compositeurs voyaient plus loin. Richard Dering, diplômé d’Oxford, s’installe à Bruxelles ; son ami italophile Pierre Bonhomme s’établit à Liège, et la Scandinavie reçoit la visite de John Dowland.
Les traces qu’ils laissent dans les chroniques musicales de l’année 1600 sont retracées par les favoris de Laus : le Collegium Vocale Gent, Vox Luminis, Paul O’Dette, Stile Antico, l’Ensemble Huelgas, The Gesualdo Six et New York Polyphony, ainsi que par les nouveaux venus du festival : Tenebrae, l’Ensemble Irini, Les Mélanges et Près de votre oreille. Cette impressionnante affiche vous proposera des prestations passionnantes, des classiques étonnamment modernes et de grands succès que l’on entend rarement en live. Et ce n’est pas tout : une conférence sur l’Europe, ainsi que des ateliers et des présentations de concerts viendront donner au programme toute la profondeur que vous attendez de Laus Polyphoniae.
Laus Polyphoniae 2026 s’annonce comme un véritable pays des merveilles fait de voix et d’histoires.
Ouvrez la porte, choisissez un chemin et laissez-vous émerveiller !